La conférence hebdomadaire La Tribune du PPA-CI a repris ce jeudi 4 décembre 2025 avec un numéro largement consacré à la situation des prisonniers d’opinion en Côte d’Ivoire. À cette occasion, le président du Conseil stratégique et politique, Dr Justin Katinan Koné, a présenté un état des lieux actualisé, affirmant que la mobilisation autour de l’Initiative pour la libération des prisonniers d’opinion (ILPO) demeure plus que jamais nécessaire.
Selon Dr Justin Katinan Koné, l’initiative lancée le 29 novembre par le Président Laurent Gbagbo porte une double vocation sociale et politique. Sur le plan social, elle vise à garantir la protection et l’accompagnement global des détenus, de l’arrestation à la réinsertion, tout en soutenant leurs familles souvent confrontées à des charges écrasantes. Le témoignage de Mme Dosso, épouse d’un détenu, a illustré la détresse que vivent ces foyers.

L’ILPO revêt aussi une dimension politique majeure. Toujours selon Dr Katinan Koné, elle rappelle l’existence de prisonniers d’opinion, exige le respect des libertés publiques et de la loi, et s’inscrit dans la continuité du combat contre le 4ᵉ mandat, que Laurent Gbagbo considère contraire à la Constitution. La mobilisation pour la libération des détenus est, selon lui, indissociable de la lutte pour l’État de droit.
Le Dr Katinan souligne enfin que l’initiative interpelle l’ensemble de la société, y compris les organisations de défense des droits humains, dont le silence surprend le PPA-CI. L’ILPO, conclut-il, constitue un instrument essentiel pour préserver les libertés, consolider la nation et maintenir vivante la tradition de lutte démocratique du parti.
Toujours selon Dr Justin Katinan KONE, l’un des objectifs de « L’ILPO » c’est de « rappeler l’existence de prisonniers d’opinion ». D’où, le bilan suivant.
« Lors de la cérémonie de présentation de la commission ILPO et du lancement de ses activités, deux présentations relatives aux prisonniers d’opinion ont été faites ; l’une par le SGA en charge des prisonniers politiques et l’autre par le pool des avocats constitué à l’effet de défendre nos camarades interpellés. Selon le SGA Patrice Kouté : « A ce jour, nous dénombrons 114 prisonniers politiques, incarcérés de 2011 à octobre 2025 ». En ce qui concerne les récentes arrestations consécutives à l’’appel du front commun pour la marche du 11 octobre 2025, « selon nos recensement au PPA-CI, 756 interpellés ont été identifiés par le parti comme étant ses militants et ses sympathisants. Les organisations des droits de l’homme évoquent quant à elles plus de 1000 interpellations ». Ces derniers chiffres approchent ceux avancés par le gouvernement qui se situent largement au-delà de 1000 arrestations (plus de 1600 selon le communiqué du CNS du 13 novembre 2025).
Au total, le PPA-CI dresse le bilan de la crise pré-électorale comme suit :
Au moins 17 personnes décédées et 14 personnes pour lesquelles le parti ne dispose toujours pas d’information sur leur lieu exact de détention. Ce chiffre dépasse le chiffre officiel avancé par le gouvernement qui fait état de 11 morts (communiqué du Conseil national de sécurité du 13-11-2025). Le PPA-CI croit que certaines informations relatives aux décédés n’ont pas encore été portées à la connaissance du gouvernement. Par exemple, une dame enceinte blessée par balles a été sauvée mais l’enfant extrait d’elle vivant est décédé quelques jours après. Ce qui porte le nombre de décès de Nahio à 5 contre 3 initialement annoncé. Le PPA-CI est disposé à échanger avec le gouvernement pour une harmonisation des différents chiffres afin d’établir la réalité définitive des décédés de la crise pré-électorale. Le décompte des personnes décédées établi par le PPA-CI se présente comme suit:
Nahio 5
Bonoua 1
Daloa 2
Guessidjé 1
Abié 2
Gagoré 1. Il aurait été dépecé à la machette selon les témoignages recueillis sur le terrain)
Yamoussoukro 02, dont l’un, monsieur KAKOU KONAN PAUL , serait mort à la suite de violence faite sur ses parties génitales qui auraient été tirées avec violence selon les témoignages des populations de Kami, son village qui a été le théâtre de ce décès.
Gregbeu 01
Niamahué 01
Zahibo 01
Les personnes dont les parents ainsi que le parti ignorent le lieu de détention se répartissent comme suit :
Cocody 02
Cavally 09
Fresco 02
Liliyo 01
Le parti dénombre également :
Plus de 56 blessés
Plus de 1000 interpellations suivies de détention. Les différents lieux de détentions sont :
PPA (anciennement MACA) plus de 900.
Bouaké : prison civile 27 ; camp pénal 01
Guiglo : 5
La région du Goh 70
Toumodi : 2
Soubré : 19
San Pedro : 4
A Bouaflé : 25
Le PPA-CI relève avec beaucoup d’inquiétudes la situation des femmes interpelées. Elles étaient au nombre de 39 toutes écrouées au PPA. 14 ont regagné la liberté, 7 sont encore en attente de jugement. 18 ont été condamnées à 36 mois d’emprisonnement ferme. Parmi elles, deux sont enceintes dont l’une serait dans un état qui nécessite une échographie qui lui serait jusqu’à ce jour refusée.
Le bilan au 29 novembre 2025 présenté par les avocats fait ressortir les chiffres suivants recueillis dans les différents tribunaux de première instance (TPI) :
Au niveau du TPI d’Abidjan
« Dates d’audience du 16 au 31 octobre 2025
Nombre de prévenus : 527
Non coupables : 146
Condamnés avec sursis : 05
Condamnés fermes : 376 »
Au niveau du TPI de Gagnoa
« Dates d’audience : du 21 octobre au 4 novembre 2025
Nombre de prévenus : 53
Non coupables : 39
Condamnés avec sursis : 00
Condamnés fermes : 14 »
Au niveau du TPI d’Oumé
« Date d’audience : 05 novembre 2025
Nombre de prévenus : 10
Non coupables : 09
Condamnés avec sursis : 00
Condamnés fermes : 01
TPI Dabou
« Date d’audience : 25 septembre 2025
Nombre de prévenus : 01
Non coupables : 00
Condamnés avec sursis : 00
Condamnés fermes : 01 » :
Totaux généraux du bilan partiel des prévenus assistés par le pool des avocats :
Nombre de prévenus : 612
Non coupables : 213
Condamnés avec sursis : 05
Condamnés fermes : 394
Selon le SGA en charge des prisonniers politiques, il faut ajouter aux chiffres ci-dessus ceux concernant les prévenus qui ont été jugés sans assistance judiciaire. Ainsi l’on dénombre :
TPI de Dabou
Audience du 16 octobre 2025 : 08 prévenus condamnés ;
Audience du 21 octobre : 5 prévenus, 01 relaxé et 4 condamnés fermes
TPI Oumé
Audience du 30 octobre 2025 : 7 prévenus tous condamnés fermes
Ces jugements ont tous fait l’objet d’appel.
Selon toujours les avocats, la quasi-totalité des prévenus condamnés ont écopé du maximum de la peine attachée à ce type d’infraction (troubles à l’ordre public) soit 36 mois. Le Procureur de la République près du TPI d’Abidjan avait prévenu qu’il requerrait le maximum contre les prévenus. Apparemment il n’est pas le seul. Tous ses collègues l’ont suivi et les magistrats de siège eux aussi ont suivi les différents procureurs de la République dans leurs réquisitions. Ils n’ont trouvé aucune excuse atténuante aux condamnés.

Suivant ce constat, les peines prononcées contre les prévenus par les différents tribunaux amènent le PPA-CI à s’interroger sur les raisons des morts pendant cette période. En effet, la quasi-totalité des interpellations ont été faites dans le cadre d’opérations de police de maintien d’ordre. Dans ces conditions, une opération banale de maintien d’ordre qui occasionne des morts, y compris au sein des forces réputées se déployer dans ce type d’opération mérite, dans une république, des explications claires en dehors de toute spéculation politique. Pourquoi, de simples opérations de maintien d’ordre peuvent-elles occasionner autant de morts ?
Le PPA-CI espère que les enquêtes justes permettront de faire la lumière sur ces cas de décès.
C’est en cela que prend tout le sens du combat du Président Laurent GBAGBO pour le respect des libertés publiques. En effet, pour le PPA-CI, le droit de manifestations pacifiques relève des libertés publiques qui doivent être protégées. En exprimant une solidarité sans faille aux condamnés à travers l’ILPO, le Président Laurent GBAGBO et le PPA-CI continuent le combat pour la sauvegarde des libertés publiques. »
Gahé Koul
































