L’affaire suscite une vive attention dans les cercles politiques et judiciaires ivoiriens. Mey Kelassar Serges, cadre du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) et conseiller municipal de Koumassi, a été longuement entendu par la police criminelle du Plateau, dans la nuit du dimanche 11 janvier 2026. Une audition qui intervient dans un contexte sensible, tant par les conditions de son interpellation que par la nature des accusations qui pèsent sur lui.
De 21h15 à 01h10 du matin, l’élu municipal a bénéficié de l’assistance constante de Me Rosélyne Aka-Sérikpa, avocate au Barreau de Côte d’Ivoire, avocate-arbitre et avocate-médiateur. Figure bien connue du monde judiciaire, elle est également membre du pool d’avocats de l’Initiative pour la libération des prisonniers d’opinion, proche de l’ancien président Laurent Gbagbo. Sa présence, tardive mais soutenue, confère à ce dossier une portée juridique et politique non négligeable.
Les faits remontent au samedi 10 janvier 2026. Mey Kelassar Serges est interpellé de manière jugée brutale alors qu’il se rendait à une cérémonie dédiée à l’autonomisation de la femme, organisée par un collectif d’associations féminines, qu’il devait parrainer. L’arrestation met brutalement fin à cette activité sociale, provoquant incompréhension et indignation chez plusieurs observateurs.
Pour ses soutiens, le symbole est fort : un responsable politique de l’opposition, engagé dans une action citoyenne, stoppé net par une interpellation musclée. Une situation qui alimente le sentiment, déjà présent, d’un climat de pression autour des acteurs politiques non alignés.
La défense face à des accusations lourdes
Conduit à la police criminelle du Plateau, Mey Kelassar Serges n’a toutefois pas été privé de ses droits. Me Rosélyne Aka-Sérikpa a veillé, tout au long de l’audition, au strict respect des procédures légales. Réputée pour sa rigueur et sa fermeté, l’avocate s’est imposée comme une garantie contre toute dérive procédurale dans un dossier à forte coloration politique.
Les autorités soupçonnent l’élu municipal d’un lien avec l’incendie de treize bus de la SOTRA à Koumassi, survenu durant la période préélectorale de la présidentielle d’octobre 2025. Des accusations graves, aux conséquences pénales lourdes, mais dont les éléments matériels n’ont, à ce stade, pas été rendus publics. Aucun témoignage formel ni preuve tangible n’a encore été communiqué pour établir clairement l’implication du mis en cause.
Enjeu politique et judiciaire
Commune stratégique d’Abidjan, Koumassi est un terrain de fortes rivalités politiques où le PPA-CI dispose d’un ancrage notable. Conseiller municipal engagé et figure locale visible, Mey Kelassar Serges évolue dans un espace où chaque action est scrutée. Pour certains analystes, son interpellation s’inscrit dans une dynamique plus large de pression sur les cadres locaux de l’opposition.
Au-delà du cas individuel, cette affaire relance le débat sur l’impartialité de la justice ivoirienne face aux dossiers impliquant des responsables politiques de l’opposition. La suite de la procédure sera observée avec attention. Une certitude demeure : avec Me Rosélyne Aka-Sérikpa en première ligne, la défense entend rester ferme et strictement attachée au droit.
Au-delà du sort d’un homme, c’est la crédibilité de l’État de droit qui se trouve, une fois encore, interpellée.
Gahé Koul
































