Le paysage judiciaire ivoirien vient d’enregistrer une secousse d’une rare intensité. En l’espace d’une seule audition, le dossier du camarade Justin Katinan Koné, 4ᵉ Vice-Président du Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), a connu un glissement procédural inédit. Initialement convoqué le 11 septembre 2026 à la suite d’une plainte du parti au pouvoir (RHDP) pour diffamation, injures et fausses nouvelles, l’homme politique s’est retrouvé promptement déféré à la Section Antiterroriste avant son placement sous mandat de dépôt.
Ce saut qualitatif dans la qualification des faits suscite une profonde perplexité chez les observateurs du droit. Comment un différend portant sur des déclarations publiques relatives à la gestion de l’orpaillage clandestin peut-il se métamorphoser, sans instruction approfondie préalable, en une litanie de crimes d’État ? Les chefs d’accusation retenus in extremis — actes terroristes, complot contre l’autorité de l’État et apologie de crimes — tranchent radicalement avec le motif originel de la convocation.
Pour la direction du PPA-CI, cette célérité et ce changement d’échelle s’apparentent à une manœuvre délibérée visant à contourner les protections accordées au débat d’idées pour basculer dans la criminalisation de la parole politique. En usant du cadre légal antiterroriste pour sanctionner un délit d’opinion présumé, la justice pose un précédent troublant. L’utilisation d’arsenaux juridiques d’exception pour traiter des polémiques politiciennes affaiblit la lisibilité du droit et alimente le sentiment d’une justice à double vitesse. Ce cas d’école remet au centre du débat la question de l’indépendance des poursuites et des garanties procédurales accordées aux figures de l’opposition.
Gahé Koul
DECLARATION DE LA DIRECTION DU PARTI DES PEUPLES AFRICAINS-CÔTE D’IVOIRE (PPA-CI)…………………………………………………………………………………..SUITE À LA MISE SOUS MANDAT DE DEPÔT DU CAMARADE JUSTIN KATINAN KONE, 4e VICE-PRESIDENT DU PARTI…………………………………………………………………………………………………………….L’heure devient de plus en plus grave dans notre pays. Suite à la convocation et à la mise sous mandat de dépôt du camarade Justin Katinan KONE, 4e Vice-Président du parti, la direction du PPA-CI rend publique la présente déclaration qui s’articule autour de trois points :1- les Faits, 2-notre Analyse et 3-notre Position.1. LES FAITS Le vendredi 11 septembre 2026, le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance d’Abidjan a rendu public un communiqué annonçant la mise sous mandat de dépôt de notre camarade Justin Katinan KONE, 4e Vice-Président du PPA-CI, et son transfèrement à la Section Antiterroriste puis déféré à l’ex MACA. Cette décision fait suite à une plainte déposée le lundi 07 septembre 2026 par le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP). Alors que notre camarade a été initialement convoqué pour diffamation, injures et fausses nouvelles liées à la question de l’orpaillage illégal. Contre toute attente, il a été subitement inculpé pour des crimes d’une gravité démesurée.En l’espace d’une audition, le chef d’accusation a totalement changé, basculant d’un simple délit de parole à une série d’infractions criminelles : actes terroristes, attentat et complot contre l’autorité de l’État, participation à un mouvement insurrectionnel et apologie de crimes de meurtre liés aux événements électoraux de 2025.2. NOTRE ANALYSECette forfaiture démontre que sous le régime actuel, tous les cadres du PPA-CI sont désormais des prisonniers ambulants en sursis. À tout moment, des faits totalement éloignés du contexte peuvent être ressuscités pour les jeter en prison.Le RHDP veut-il nous ramener à l’ère sombre du parti unique ? Si c’est sa volonté politique, qu’on nous le dise ouvertement au lieu d’utiliser des artifices grossiers. Pour une simple tribune libre, pour une critique venant de l’opposition et portant sur la mal gouvernance du pouvoir concernant notamment l’orpaillage clandestin et illégal, qui constitue une grave menace sanitaire et environnementale ; un responsable de l’opposition convoqué se retrouve au cachot pour terrorisme.À quand donc le débat politique civilisé dans ce pays ? Ne nous y trompons pas, à cette allure, à travers le harcèlement de ses lieutenants, c’est le référent politique du parti, le Président Laurent GBAGBO, qui est directement visé et programmé pour être neutralisé.Cet énième coup de force contre le PPA-CI survient alors que plus de 1 000 prisonniers politiques croupissent déjà dans les geôles du pays sans le moindre jugement, dans un mépris total des droits humains pour avoir simplement revendiqué l’inscription du Président Laurent GBAGBO sur la liste électorale et dénoncé la cherté de la vie.3. NOTRE POSITIONFace à ce terrorisme judiciaire, la direction du PPA-CI :-Condamne avec la plus grande véhémence le kidnapping institutionnel et l’arrestation du camarade Justin Katinan KONE.-Exige sa libération immédiate et sans condition ainsi que celle des autres prisonniers.Prend à témoin l’opinion nationale et internationale sur la dérive autocratique du RHDP qui refuse le débat d’idées et la réplique argumentée pour préférer la terreur judiciaire et pour imposer le silence.-Réaffirme avec force sa détermination à poursuive le combat pour la démocratie et la liberté.- Ne se laissera jamais intimider ni muselé encore moins mis sous l’éteignoir par le pouvoir RHDP qui instrumentalise la justice.-Lance un appel solennel à la mobilisation générale face à la tentative de liquidation de la démocratie et aux menaces directes contre le Président Laurent GBAGBO, -Demande à ses militantes, militants et à tous les démocrates à se tenir prêts pour opposer une résistance pacifique mais farouche à l’arbitraire.-La direction du Parti se réunira en urgence dans les heures qui suivent pour analyser la situation et déterminer la conduite à suivre.
Fait à Abidjan, le 11 septembre 2026
La Direction du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire

























