Ce matin, 12 décembre 2025, les Unes des quotidiens nationaux proposent un panorama dominé par la politique et les législatives, mais les sujets économiques, sociaux et locaux ne sont pas en reste. Selon Fraternité Matin, l’accent est mis sur l’enseignement technique et les performances gouvernementales — une posture clairement pro-pouvoir qui valorise les initiatives publiques. Selon Le Patriote et Le Nouveau Réveil, le RHDP prépare la « razzia » électorale : titres volontiers triumphalistes, photos de cadres en uniforme de campagne — indices d’une presse proche du pouvoir qui projette confiance et maîtrise du récit.
À l’opposé, selon L’Inter et Le Quotidien d’Abidjan, l’analyse est plus critique : on relève des appels à la transparence sur la gestion publique et des interrogations sur la préparation du scrutin. Ces titres—plutôt proches de l’opposition—mettent en lumière des manquements perçus et réclament vigilance citoyenne. Le traitement des mêmes faits (préparation des listes, discours officiels) varie donc du ton triomphant au ton vigilant.
Sur l’économie, L’Essor et La Voie soulignent des projets de modernisation et des investissements, insistant sur la « marche » vers la modernité. Le traitement économique dans la presse pro-pouvoir met en avant les réalisations tandis que Générations Nouvelles et Dernière Heure demandent des preuves de redistribution et de retombées concrètes pour les populations.
La société et les faits divers occupent des Unes sur plusieurs titres : Abidjan24 et Le Bélier couvrent des affaires locales et incidents, avec un journalisme de terrain et parfois des titres sensationnels — rappel utile que l’attention du lecteur est aussi captée par le concret du quotidien. La culture et l’éducation apparaissent surtout dans Fraternité Matin et Le Mandat, qui valorisent des inaugurations et projets scolaires.
Sur l’environnement et la santé, quelques journaux (Le Mandat, La Régionale) évoquent logistique sanitaire et stratégies de prévention : traitement informatif, sans grand débat polémique ce matin, mais présent comme rappel des enjeux post-pandémie.
Biais et insinuations : la ligne éditoriale reste lisible. Les titres pro-pouvoir choisissent images institutionnelles et termes positifs (« préparation », « modernisation »). Les organes proches de l’opposition favorisent verbes exigeants (« réclament », « exigent ») et mettent l’accent sur la mémoire et la justice (lettre de Gbagbo, questions de responsabilité). Entre les deux, quelques quotidiens tentent l’équilibre, affichant enquêtes et faits sur la table.
En conclusion, la photographie de presse d’aujourd’hui montre un pays concentré sur les enjeux électoraux : la diversité des angles est salutaire. Au lecteur de rester attentif aux filtres éditoriaux : la pluralité d’approches est un atout pour se forger une opinion informée.
Gahé Koul




































