La filière cacao ivoirienne traverse, depuis l’ouverture de la campagne 2025-2026, une crise profonde aux conséquences sociales et économiques préoccupantes. Cette situation a conduit le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) à sortir de sa réserve. Dans une déclaration rendue publique le samedi 31 janvier 2026, le parti a dressé un diagnostic sévère de la gouvernance actuelle du secteur, pilier central de l’économie nationale.
Cette déclaration est livrée par Dr Justin Katinan KONE, Président du Conseil Stratégie et Politique du PPA-CI, en charge du programme de gouvernement et de la promotion du panafricanisme. Il y exprime la solidarité du parti avec les planteurs, premières victimes d’un système aujourd’hui à l’arrêt.
Officiellement ouverte le 1er octobre 2025, la campagne cacaoyère a débuté sous de mauvais auspices. Malgré un prix bord champ fixé à 2 800 FCFA/kg, les arrivées de cacao dans les ports d’Abidjan et de San-Pedro ont enregistré une chute de plus de 50 % dès les premières semaines, selon une dépêche de Reuters reprise par l’Agence Ecofin en octobre 2025. Ce qui apparaissait comme une difficulté logistique conjoncturelle s’est rapidement mué en crise structurelle.
À ce jour, plus de 123 000 tonnes de cacao sont bloquées au port d’Abidjan, paralysant l’ensemble de la chaîne de commercialisation. Les producteurs, confrontés à des besoins financiers urgents, ont été contraints de vendre à perte ou à crédit, parfois en dessous du prix officiellement annoncé. Pour le PPA-CI, cette situation révèle une profonde défaillance du mécanisme de stabilisation de la filière.
Le parti pointe notamment la fixation du prix bord champ à des fins électoralistes, alors même que les cours mondiaux du cacao étaient en forte tendance baissière. Selon Dr Justin Katinan KONE, cette décision, déconnectée des réalités du marché international, a fragilisé les exportateurs, conduit au blocage des achats et exposé les planteurs à des pratiques spéculatives.
Le PPA-CI dénonce également le ralentissement de la délivrance des connaissements, la faiblesse de la rémunération des acheteurs intermédiaires et l’entrée présumée de cacao en provenance de pays voisins, aggravant l’engorgement du circuit national. La décision gouvernementale de racheter 123 000 tonnes de cacao pour 280 milliards FCFA est, selon le parti, insuffisante et non structurelle.
En conclusion, Dr Justin Katinan KONE estime que cette crise n’honore pas la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao. Le PPA-CI appelle à une réforme profonde de la gouvernance de la filière, garantissant un revenu vital aux planteurs, et réaffirme sa solidarité avec l’ensemble des acteurs du secteur.
Gahé Koul































