Le combat politique ne se fait plus dans les murmures, mais ouvertement devant l’histoire nationale et internationale. 𝐃𝐫 𝐉𝐮𝐬𝐭𝐢𝐧 𝐊𝐨𝐧é 𝐊𝐚𝐭𝐢𝐧𝐚, 𝐏𝐫é𝐬𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐮 𝐂𝐨𝐧𝐬𝐞𝐢𝐥 𝐒𝐭𝐫𝐚𝐭é𝐠𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐞𝐭 𝐏𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐮 𝐏𝐏𝐀-𝐂𝐈 𝐞𝐧 𝐜𝐨𝐧𝐟é𝐫𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐩𝐫𝐞𝐬𝐬𝐞 𝐜𝐞 𝐌𝐚𝐫𝐝𝐢 𝟎𝟐 𝐒𝐞𝐩𝐭𝐞𝐦𝐛𝐫𝐞 𝐚𝐮 𝐬𝐢è𝐠𝐞 𝐝e son 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐢, a déclaré ceci :
« Le RHDP ne nous laisse aucun autre choix que d’aller à la confrontation politique sauf si le Conseil Constitutionnel en décide autrement dans l’intérêt primordial de la nation. Nous avons tout fait pour l’éviter.
Mais puisqu’elle s’impose à nous, menons-la alors au nom de la justice, de la république et de la démocratie. »
Que peuvent vouloir dire ces mots ? En situant la « confrontation politique » comme ultime recours, Justin Koné Katinan, le 2 septembre 2025, place le conflit PPA-CI/RHDP sur le terrain institutionnel. Il renvoie l’arbitrage au Conseil constitutionnel, gardien de l’intérêt supérieur.
Le message central combine fermeté et conditionnalité. Fermeté, car le PPA-CI promet des « mots d’ordre » et assume un bras de fer. Conditionnalité, car cette confrontation resterait évitable si le Conseil tranche « autrement ». La pression s’exerce sur l’organe juridictionnel.
Au plan juridique, le PPA-CI défend la recevabilité de la candidature de Laurent Gbagbo et conteste celle d’Alassane Ouattara, déjà exposées dans des observations écrites. La stratégie judiciarise le débat tout en préparant la rue, si nécessaire.
Au plan stratégique, le cadrage « justice, République, démocratie » cherche à élargir l’audience au-delà de la base. Il inverse la charge politique : si confrontation il y a, elle serait « imposée » par le RHDP. Cette rhétorique de légitime défense mobilise, mais radicalise.
Au plan sécuritaire, l’adjectif « politique » signale une volonté d’éviter la violence. Toutefois, l’annonce de mots d’ordre crée un risque d’escalade si la décision frustre une partie. La maîtrise des canaux de mobilisation sera décisive.
Au plan institutionnel, le Conseil constitutionnel devient le pivot. Sa décision sur les candidatures conditionnera la trajectoire : apaisement si elle est perçue comme incontestable, crispation sinon. L’indépendance perçue et la pédagogie de la décision compteront autant que son dispositif.
Au plan communicationnel, l’effet recherché est double : galvaniser la base et cadrer l’opinion indécise autour d’un récit de droit et de dignité.
Cette déclaration met la pression sur les institutions tout en préparant la mobilisation. Elle ouvre deux issues : désescalade par un arbitrage jugé légitime ; ou intensification du conflit politique, avec coûts sociaux et réputationnels. La responsabilité de chaque camp est engagée.
Enfin, au plan socio-économique, une séquence conflictuelle prolongée coûterait en attractivité, en confiance et en cohésion. D’où l’urgence d’un code de conduite, d’observateurs civils et d’un dialogue de crise structuré et crédible. C’est pourquoi le rhdp doit penser à la Côte d’Ivoire.
Germain Sehoué






























