Le discours prononcé à Barcelone par Sébastien Dano Djédjé ne se contente pas de critiquer un régime ; il dresse un procès en règle de la greffe démocratique en Afrique. Pour le président exécutif du PPA-CI, le multipartisme, loin d’être le moteur d’une émancipation, est devenu une « façade » derrière laquelle se cachent des structures de domination persistantes.
L’orateur souligne un paradoxe cruel : alors que les textes constitutionnels africains rivalisent d’élégance juridique, la pratique politique reste prisonnière d’une « démocratie sous cloche ». Cette expression renvoie à une gestion où le pouvoir est confisqué par une élite, souvent avec la complicité d’institutions internationales qui privilégient la stabilité de surface au détriment de l’expression populaire. Selon Dano Djédjé, les structures héritées de la colonisation n’ont pas été démantelées mais réadaptées pour servir un autoritarisme moderne.
L’enjeu, selon cet angle, est de passer d’une démocratie de forme à un véritable État de droit. Le ministre Dano Djédjé invite à une rupture avec le modèle « prêt-à-porter » occidental pour inventer une gouvernance qui réponde aux réalités endogènes. Le constat est sans appel : sans une refonte profonde des mécanismes électoraux et une réelle séparation des pouvoirs, la démocratie en Afrique restera un mirage. Ce discours appelle ainsi à une « deuxième décolonisation », celle des esprits et des institutions, pour que le bulletin de vote retrouve enfin sa souveraineté.
Germain Sehoué
































