Lors de la fête de la Renaissance du PPA-CI célébrée ce week-end du 16 mai 2026 à Abidjan-Songon, Laurent Gbagbo a livré une analyse géopolitique particulièrement tranchante de la crise sécuritaire qui secoue actuellement le Sahel et l’Afrique de l’Ouest. En fustigeant le manque de solidarité régionale et en s’opposant fermement aux velléités sécessionnistes, l’ancien président ivoirien s’est posé en défenseur intransigeant de l’intégrité territoriale et de la souveraineté des États africains.
Gbagbo s’est particulièrement arrêté sur le cas brûlant du Mali, dénonçant vigoureusement l’attentat terroriste meurtrier contre le ministre de la Défense du régime d’Assimi Goïta et fustigeant le double jeu de la CEDEAO. Pour lui, le retrait de Bamako de l’organisation régionale découle directement de l’aveuglement volontaire de ses voisins. Plus profondément, l’ancien chef d’État rejette de manière catégorique le projet séparatiste de l’Azawad dans le Nord-Mali. Par une métaphore locale saisissante — comparant la sécession de l’Azawad, motivée par le pétrole, à une absurde déclaration d’indépendance de sa propre région natale de Gagnoa —, il met en garde contre la balkanisation économique du continent. Si chaque province riche fait sécession, prévient-il, tous les pays d’Afrique finiront irrémédiablement « déchiquetés ».
Ce discours passionné résonne également comme un règlement de comptes historique hautement politique. Évoquant la rébellion de 2002 en Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo égratigne les chefs d’État d’alors qui « riaient » et espéraient secrètement sa chute pendant son voyage officiel en Italie. Réaffirmant sa posture historique de résistant (« Je ne connais pas le mot « fuir » »), il trace un parallèle direct entre son expérience passée et les épreuves actuelles du Mali, du Niger, du Burkina Faso ou du Nigeria face aux insurrections. Sa proposition phare est sans équivoque : les Africains doivent impérativement s’organiser collectivement pour intervenir militairement et sauver les nations sœurs agressées.
En somme, devant ses militants à Songon, Laurent Gbagbo a réaffirmé les bases d’une doctrine panafricaniste pragmatique et souverainiste. Loin des slogans creux, il rappelle avec force que la dignité et l’indépendance de l’Afrique passent avant tout par la sauvegarde rigoureuse de ses frontières et par une solidarité militaire active face aux tentatives de déstabilisation.
Germain Sehoué
































