L’absence du PPACI à la cérémonie des 80 ans du PDCI-RDA continue de nourrir débats et suspicions. Très vite, les critiques ont fusé, accusant le parti de Laurent Gbagbo d’avoir snobé un allié historique. Pourtant, à l’analyse de la chronologie des faits, une autre lecture s’impose, plus nuancée et moins accusatrice.
D’abord, un paradoxe intrigue : comment un événement préparé de longue date peut-il donner lieu à une invitation transmise dans des conditions aussi tardives ? En effet, selon les éléments disponibles, le premier contact formel intervient seulement la veille de la cérémonie. Une démarche inhabituelle dans les usages politiques, d’autant plus entre partenaires ayant cheminé ensemble au sein du Front commun.
Ensuite, la nature même de ce contact interroge. Ce n’est ni un haut responsable politique ni un cadre dirigeant qui prend attache avec le PPACI, mais une secrétaire. Malgré cela, le président exécutif Sébastien Dano Djédjé adopte une posture conciliante : la délégation est prête, il ne manque que l’invitation officielle. Une réponse qui traduit une volonté manifeste de participation.
Cependant, le point critique réside dans la transmission du courrier. Déposé la veille de l’événement, tard dans la journée, il suit le circuit administratif classique. Résultat : le document n’est traité et transmis au cabinet du président que le lendemain, jour même de la cérémonie. Le président exécutif ne l’a pas reçu. Entre-temps, le secrétaire général et porte-parole adjoint, Jean Gervais Tcheidé, absent d’Abidjan, n’en a pas connaissance. Il était donc sincère lorsqu’il écrivait que son parti « n’a reçu aucun courrier ». Il ne l’a appris que lorsque le PDCI a brandi l’accusé de réception dans les réseaux sociaux.
Dès lors, peut-on reprocher au PPACI une absence fondée sur un document qu’il n’a matériellement pas consulté à temps ? La question mérite d’être posée avec rigueur. Car en communication politique, la perception compte autant que les faits, mais elle ne doit pas les travestir.
Au fond, cette affaire met en lumière les fragilités d’une alliance pourtant affichée comme solide. Entre imprécisions protocolaires et soupçons politiques, elle révèle surtout un déficit de coordination. Plus qu’un refus de participation, l’épisode ressemble à un enchaînement de dysfonctionnements.
Reste une interrogation majeure : simple maladresse organisationnelle ou stratégie implicite visant à exposer un allié ? Dans un contexte politique sensible, chaque détail compte. Et ici, le timing semble avoir pesé plus lourd que les intentions affichées.
Mais que les choses soient claires, si le PDCI négocie son retour au RHDP et du coup, découvre que le PPACI n’est plus fréquentable, qu’il y procède autrement. L’opinion aura compris.
Germain Sehoué

































