L’enseignement du Dr Koné Katinan sur le message du président Laurent Gbagbo du 8 décembre, montre que l’enjeu moral et philosophique soulevé par le discours du père du multipartisme en Côte d’Ivoire, est l’un des plus profonds. Car il touche à la conscience collective, aux valeurs fondamentales qui soutiennent une nation et à la manière dont une société choisit de faire face à ses propres contradictions. Le message du président du Conseil stratégique et politique du PPACI rappelle que la vérité, la justice, la réparation et la réconciliation ne sont pas seulement des concepts politiques ou juridiques ; ce sont des principes éthiques qui déterminent la qualité du vivre-ensemble. Sans vérité assumée, la justice devient arbitraire ; sans justice, la réparation perd son sens ; et sans réparation, la réconciliation demeure un slogan.

Cet enjeu, au dire du Dr Koné Katinan, repose sur une idée clé : la morale précède la politique. Une communauté qui prétend se réconcilier sans regarder honnêtement son passé commet une faute philosophique. Elle construit sa paix sur le silence, sur l’oubli forcé, plutôt que sur la reconnaissance sincère du tort subi. Le discours invite donc à une forme de courage moral : affronter les zones d’ombre, non pour accuser, mais pour restaurer la dignité de tous, même des adversaires.
L’enjeu moral s’exprime aussi dans la compréhension de la justice comme un instrument de cohésion, et non de vengeance. Le texte rappelle que demander la vérité n’est pas réclamer des têtes ; c’est rechercher l’équilibre moral qui permet à une nation de se regarder sans honte. Cette philosophie place la responsabilité au-dessus des passions partisanes : chacun doit accepter d’être comptable de ses actes, non par contrainte, mais par devoir envers la communauté nationale.
Enfin, on retient à la lumière de cet enseignement, l’enjeu moral appelle à une vision éthique du futur. Pour transmettre un pays apaisé, les leaders doivent offrir à la jeunesse un modèle fondé sur la vérité assumée, le respect mutuel et la justice. La réconciliation, dans cette perspective, devient un acte moral, un engagement philosophique envers la mémoire et l’avenir du pays.
Germain Séhoué































