À chaque Coupe d’Afrique des Nations, les regards sont tournés vers les stades, les Éléphants et leurs performances. Mais au-delà du football, un autre terrain s’anime discrètement : celui de l’économie populaire ivoirienne. Dans cette CAN, les Éléphants doivent se rappeler qu’à chaque but marqué, ce sont aussi des milliers de commerçants qui voient leur chiffre d’affaires bondir.
Un but de la Côte d’Ivoire, c’est d’abord une explosion de joie collective. Les maquis se remplissent, les bars débordent, les téléviseurs sont pris d’assaut. Boissons fraîches, grillades, brochettes, attiéké-poisson : la consommation s’accélère. Les tenanciers de maquis et de restaurants de quartier enregistrent des pics de ventes, parfois doublés les soirs de match victorieux.
Mais l’impact ne s’arrête pas là. Les vendeurs ambulants profitent aussi de l’engouement. Maillots, drapeaux, vuvuzelas, bracelets aux couleurs nationales circulent massivement. Chaque but ravive le patriotisme et stimule l’achat impulsif. Les couturiers, imprimeurs et petits commerçants spécialisés dans les articles sportifs voient leur activité relancée.
Le secteur des transports n’est pas en reste. Taxis, motos, VTC et cars urbains bénéficient des déplacements liés aux rassemblements festifs. Même les services de télécommunications profitent de l’euphorie : appels, messages, vidéos et partages sur les réseaux sociaux explosent après chaque réalisation ivoirienne.
Ainsi, les Éléphants portent sur leurs épaules bien plus qu’un enjeu sportif. Ils incarnent un moteur économique temporaire mais puissant, capable d’injecter de l’optimisme et de la liquidité dans l’économie informelle. Marquer des buts, c’est offrir du sourire aux supporters, mais aussi du pain quotidien à de nombreuses familles.
Dans cette CAN, chaque frappe victorieuse compte. Pour la gloire nationale, certes, mais aussi pour la vitalité économique d’une Côte d’Ivoire qui vibre, travaille et espère avec ses Éléphants.
Eugénie Dallo
































