Abidjan, Côte d’Ivoire. Un réseau de faussaires sans scrupules dicte sa loi sur les réseaux sociaux, exploitant la détresse de malades en quête de guérison. Au cœur de cette vaste escroquerie : le célèbre produit de santé « POUSSER-DÉMARRER », promu par Mme Anne Odette Kabran (Kanody). Profitant d’une stratégie de communication d’un amateurisme affligeant de la part de l’organisation officielle, des escrocs ont pignon sur rue et dépouillent les patients en toute impunité. Précisons que nous n’avons rien contre la qualité du produit « POUSSER-DEMARRER ».
Le piège de l’anonymat : Quand la légèreté nourrit le crime

Comment un tel réseau a-t-il pu s’installer au vu et au su de tous, allant jusqu’à concurrencer la publicité officielle sur le web ? La réponse réside dans la faille béante laissée par l’organisation Kanody elle-même. Pour un produit vendu à 30 000 FCFA l’unité (soit 60 000 FCFA pour deux paquets), la structure s’est contentée de publier des prénoms et des numéros à la volée pour ses représentants d’Abidjan : Emmanuel à Yopougon, Jocelyne à Abobo, Nicole à Adjamé, Valérie à Port-Bouët ou Diane à Angré.
Ajoutez à cela une multitude de vidéos promotionnelles de Mme Kabran circulant qui n’ont pas, pour un bon nombre, de contact officiel, et vous obtenez le terreau parfait pour le crime. Les faussaires n’ont eu qu’à ramasser les miettes de cette négligence. En s’attribuant les prénoms officiels — à l’instar d’un escroc se rebaptisant « M. Kodjané Emmanuel » pour coller au secteur de Yopougon —, ils rassurent les victimes. Une fois l’argent exigé et transféré par dépôt mobile avant la livraison, les lignes coupent. Le piège se referme.
Business de la santé ou complicité interne ?
Face à ce drame humain qui touche des personnes malades prêtes à tout pour recouvrer la santé, une question brûlante s’impose : que fait la direction de Kanody ? Dans le monde des affaires, la priorité absolue d’un dirigeant est de protéger ses flux financiers et d’optimiser son chiffre d’affaires. Les structures sérieuses investissent massivement dans des systèmes de contrôle contradictoires pour verrouiller leur marché. Chaque tranche de 60 000 FCFA extorquée par ces voyous représente un manque à gagner direct pour l’entreprise.
Pourtant, la publicité de ces fraudeurs s’affiche en gros caractères sur le web. L’organisation Kanody, bien que détenant des enregistrements vocaux et les numéros de ces criminels, ferme royalement les yeux.
L’heure des comptes
Si cette situation laisse la direction indifférente, ou si elle se contente de rejeter la faute sur le manque de vigilance des victimes, le doute n’est plus permis. Ce mutisme coupable laisse planer l’ombre d’une complicité interne. Quelqu’un, au sein de la chaîne de distribution de l’organisation, tire-t-il profit de ces ventes parallèles au point de saboter le chiffre d’affaires officiel ?
Le silence de l’organisation Kanody n’est plus seulement une faute de gestion ; il devient une insulte à la douleur des malades. Il est temps que les services de sécurité de l’entreprise traquent ces imposteurs, à moins que le loup ne soit déjà dans la bergerie.
Germain Sehoué































