Les élections législatives ivoiriennes du 27 décembre 2025, destinées à renouveler les 255 sièges de l’Assemblée nationale, ont confirmé une dominance écrasante du parti au pouvoir, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), qui remporte une large majorité des sièges et consolide sa position législative, avec des scores très élevés dans plusieurs circonscriptions.
D’un point de vue positif, le déroulement du vote a été généralement calme et sans incidents majeurs, avec des bureaux fonctionnant dans un climat apaisé dans de nombreuses localités. Toutefois, ces élections s’inscrivent dans un contexte politique encore marqué par les tensions post-présidentielle d’octobre 2025, où la victoire d’Alassane Ouattara pour un quatrième mandat a suscité des controverses et des divisions persistantes.
Le faible taux de participation, estimé provisoirement à environ 32 %, révèle une mobilisation citoyenne très en deçà des attentes démocratiques. Cette désaffection peut s’expliquer par plusieurs facteurs : la désillusion de nombreux électeurs face à un paysage politique jugé peu concurrentiel, le boycott de certaines formations politiques, ainsi que l’absence de figures majeures de l’opposition dans la course. Ce faible engagement remet en question la représentativité réelle de l’Assemblée nationale et affaiblit la légitimité du nouveau Parlement aux yeux d’une frange significative de la population.
Sur le plan concurrentiel, bien que le RHDP ait consolidé sa majorité, certains résultats locaux montrent des batailles relativement serrées, comme à Tiassalé où la victoire du candidat RHDP n’a été acquise qu’avec un peu plus de 52 % des voix, et où des contestations des résultats ont été formulées par l’opposition. Ce type de contestation souligne les fragilités du processus électoral, notamment en matière de transparence et de confiance dans le comptage des voix.
Enfin, la configuration politique issue de ce scrutin pourrait renforcer encore davantage le pouvoir exécutif, limitant une opposition déjà marginalisée et fragmentée. Cela pose des défis pour l’alternance politique et la vitalité démocratique, surtout si les citoyens continuent de percevoir les scrutins comme une formalité plutôt qu’un réel espace de compétition démocratique.
Eugénie Dallo
































