Fin de l’enseignement du Dr Koné Katinan, président du conseil stratégique et politique (CSP) du PPA-CI sur le courrier du président Laurent Gbagbo du 8 décembre 2025. Selon lui, l’enjeu de légitimité politique soulevé par le discours touche au fondement même du pouvoir en Côte d’Ivoire : comment un État peut-il être respecté si une partie de la population perçoit son fonctionnement comme partial, injuste ou manipulé ? Depuis plus de deux décennies, les crises ivoiriennes ont érodé la confiance dans les institutions, en raison de pratiques contestées, de récits contradictoires et de décisions perçues comme favorisant un camp contre l’autre. Cet affaiblissement de la légitimité politique constitue une menace durable pour la stabilité du pays.
Le discours rappelle que la légitimité ne repose pas seulement sur une élection ou une victoire militaire, mais sur la perception d’équité, de transparence et de responsabilité. Or, lorsque seuls certains acteurs sont jugés, lorsque des crimes reconnus restent sans suite ou lorsque des zones d’ombre persistent autour d’événements majeurs, la légitimité du pouvoir en place devient fragile. La justice partiale crée mécaniquement une délégitimité politique.
L’enjeu consiste donc à rééquilibrer l’autorité de l’État en garantissant que les institutions — justice, armée, administration, gouvernance — soient perçues comme neutres. C’est dans ce sens que le discours de Gbagbo se positionne : en interpellant la CPI et en rappelant la nécessité de revisiter toute la période 1999–2011, il se présente comme un acteur qui cherche à réhabiliter la valeur du droit et la confiance dans les mécanismes institutionnels.
Cet enjeu de légitimité politique concerne aussi la transmission du pouvoir. À l’heure où l’on parle de transition générationnelle, il est essentiel de léguer à la jeunesse un État crédible, où la règle est respectée et où la compétition politique est fondée sur l’équité. Sans cette légitimité retrouvée, les tensions persistantes continueront de fragiliser le pays.
Ainsi, restaurer la légitimité politique devient un impératif national : c’est la clé pour garantir la stabilité, renforcer la cohésion et offrir aux Ivoiriens un cadre institutionnel digne de leur confiance.
Eugénie Dallo































