Ce n’est pas la peine ! Plions bagages et quittons Abidjan. Oui, on ne peut rien faire ici ! Tout est bloqué.
Hier, parti du CHU de Treichville à 11h, c’est à 13h30 que je suis arrivé… à Koumassi, juste à côté. Épuisé.
Pas de route ! À gauche, c’est barré. À droite, c’est fermé. La direction du CHU depuis la gare de Bassam ? Barrée. Il faut batailler, replier, chercher une issue en empruntant la petite voie coincée entre la station-service et IVOCEP. Et déjà, la sueur commence à couler.
Après notre course, on pensait rentrer calmement. Hélas, ce fut un calvaire. Impossible de comprendre la cause de cet embouteillage monstre sur le boulevard de Marseille. On a mis une éternité pour atteindre le rond-point de la Pergola.
À Abidjan, on a l’impression qu’il y a plus de véhicules que d’habitants. De tout : grosses cylindrées, modèles dernier cri… Dans ce même pays où la pauvreté fait tant de victimes. Un paradoxe !
On s’engage ensuite dans une belle voie en Zone 4, dans un nouveau quartier. Des immeubles de luxe, un autre monde. Mais là encore, circulation bloquée. Impossible de sortir vers le grand carrefour de Koumassi. Chaque bifurcation qu’on croit salvatrice se ferme sur un avertissement : « C’est pas la peine, c’est barré devant ! »
Demi-tour sur demi-tour. Je ne sais plus combien on en a faits… On revient loin en arrière, passe devant l’École de Commerce et de Gestion pour atteindre enfin le carrefour d’Arca Déco.
Il fait chaud. Rien n’avance. Abidjan est en chantier, mais on ne comprend pas ce que les gens font exactement. Les voies sont coupées. Les deux-roues, eux, s’en sortent : ils se faufilent, ils avancent. Nous, on reste là. Même l’ambulance peine à passer, sirène hurlante.
Dieu merci, nous atteignons le feu tricolore de CAP SUD. Mais au moment critique, voilà qu’un tricycle devant nous cale. Provocation ? Pourquoi maintenant ? Le conducteur descend enfin, pousse son engin… mais le feu est déjà rouge. Et ce feu-là prend tout son temps !
Quand nous dépassons enfin Orca Déco, la circulation devient fluide. Boulevard du Gabon. Le conducteur fait le plein, histoire d’éviter la panne sèche.
Partis à 11h du CHU, nous sommes arrivés à Koumassi à 13h30. Excepté tout ce temps perdu en allant…
Alors dites-moi : comment un pays peut-il aspirer au développement quand il perd autant de temps dans les embouteillages ? Comment ?
Germain Séhoué





































