Travailler pour le pain ? Merveilleuse idée. Surtout quand le pain coûte plus cher que le salaire. Travailler pour exister ? Certainement. A condition d’aimer exister sous stress, sous pression, et sous le seuil de pauvreté. On nous dit que le travail sauve la dignité… mais quelle dignité reste-t-il quand on gratte un SMIC pour engraisser un patron en jet privé ?

Le travail est devenu une noble chaîne : on y entre au nom de la liberté. On en sort courbé, vidé, mais heureux d’avoir « mérité » son bout de baguette. Ironie suprême : ceux qui travaillent le plus mangent souvent le moins. Et ceux qui ne travaillent pas ? Ils donnent des leçons de mérite. Au fond, le pain, ce n’est pas pour vivre : c’est pour rester assez debout… pour retourner travailler. Voilà le cercle vertueux de la sueur moderne. Bon appétit, chers travailleurs.
Germain Séhoué





































