Depuis l’aube, Ahoutoué, village du département d’Alepé, est en proie à une vive tension. Une crise de chefferie, qui couvait depuis des années, semble avoir atteint son paroxysme.
Au centre du litige, la désignation du chef du village. Selon la coutume locale, ce choix doit obéir à des règles strictes, garantes de la légitimité du futur dirigeant. Or, une autorité administrative aurait tenté d’imposer un candidat sans respecter ces usages. Cette ingérence a provoqué la colère des habitants, qui y voient une remise en cause de leur héritage culturel.
L’annonce d’une consultation populaire précipitée, prévue pour ce jeudi 20 mars 2025, a mis le feu aux poudres. Organisée sans concertation avec les notables du village, elle est perçue comme une tentative de passage en force. Dès le mardi 18 mars, des manifestations ont éclaté. En signe de protestation, des habitants ont érigé des barrages sur la route reliant Ahoutoué à Abidjan, perturbant la circulation.
Les deux camps opposés se livrent désormais une bataille médiatique à travers les radios locales. Chacun défend sa légitimité, exacerbant les tensions. La gendarmerie, dépêchée sur place, a réussi à lever le blocus, mais la situation reste instable.
Les habitants réclament le respect des traditions et dénoncent l’influence d’intérêts occultes. Le risque d’affrontements demeure élevé si aucun consensus n’est trouvé. La médiation des autorités locales et des chefs coutumiers sera déterminante pour éviter une escalade.
Gahé Koul



































