dimanche, octobre 25, 2026
  • DON INTERNATIONAL
  • BOUTIQUE
  • TV
  • EMPLOI
  • fr
    • ar
    • zh-CN
    • en
    • fr
    • de
    • pt
    • ru
    • es
    • sw
Mon site Web
Advertisement
  • ACCUEIL
  • POLITIQUE
    Municipales et régionales 2023: Côte d’Ivoire, fais-moi rêver !

    Post-CEI en Côte d’Ivoire : La stratégie de l’opposition unie pour dépolitiser le scrutin

    4e mandat d’Alassane Ouattara : un mandat comme « Je m’en fous, il n’y a rien en face »

    4e mandat d’Alassane Ouattara : un mandat comme « Je m’en fous, il n’y a rien en face »

    𝗢𝗣E𝗥𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗖𝗔𝗣 𝟮𝟬𝟮𝟱 : Le PPA-CI a-t-il les moyens financiers de ses ambitions ?

    Côte d’Ivoire : Pression judiciaire et épée de Damoclès sur Sébastien Dano Djédjé (PPA-CI)

    Côte d’Ivoire : Le Pacte Social de Laurent Gbagbo entre dans sa phase de déploiement

    Côte d’Ivoire : Le Pacte Social de Laurent Gbagbo entre dans sa phase de déploiement

    Révélations sur le braquage de la BCEAO : Justin Katinan Koné dévoile des répercussions politiques troublantes

    PPA-CI : le Pacte social de Laurent Gbagbo, un projet politique à l’épreuve du terrain

    PPA-CI : Hubert Oulaye remobilise la base à Port-Bouët autour du Pacte social

    PPA-CI : Hubert Oulaye remobilise la base à Port-Bouët autour du Pacte social

    Trending Tags

    • Market Stories
    • Bitcoin
    • Litecoin
    • Harbolnas
    • United Stated
  • INTERNATIONAL
    Manifester malgré l’interdiction : ce qui sépare le maintien de l’ordre français des dérives autocratiques

    Manifester malgré l’interdiction : ce qui sépare le maintien de l’ordre français des dérives autocratiques

    France : La jeunesse dans la rue, l’exécutif sous pression après la journée de mobilisation du 24 octobre

    France : La jeunesse dans la rue, l’exécutif sous pression après la journée de mobilisation du 24 octobre

    De la condamnation du racisme à l’armement de la pensée : Analyse pluridisciplinaire du discours de Mathilde Panot

    De la condamnation du racisme à l’armement de la pensée : Analyse pluridisciplinaire du discours de Mathilde Panot

    Guerre USA-Israël contre Iran : Un accord surprise arraché au bord du gouffre

    Guerre USA-Israël contre Iran : Un accord surprise arraché au bord du gouffre

    Démocratie en Afrique : Le constat d’échec de Sébastien Dano Djédjé

    Démocratie en Afrique : Le constat d’échec de Sébastien Dano Djédjé

    Violation du droit international : entre certitudes juridiques et zones d’ombre

    Violation du droit international : entre certitudes juridiques et zones d’ombre

    Trending Tags

    • Golden Globes 2018
    • Grammy Awards
    • Explore Bali
    • Champions League
    • Harbolnas
  • DOSSIERS
  • SPORTS
    Sueur, sable et sourires : le séminaire des patrons de presse s’achève dans le surf d’Assouindé

    Sueur, sable et sourires : le séminaire des patrons de presse s’achève dans le surf d’Assouindé

    Structuration de la presse en ligne : l’UPLCI allie renforcement des capacités et esprit d’équipe

    Structuration de la presse en ligne : l’UPLCI allie renforcement des capacités et esprit d’équipe

    Quand les patrons de presse tombent la veste pour renforcer leurs liens

    Quand les patrons de presse tombent la veste pour renforcer leurs liens

    Presse en ligne : l’État et le secteur privé scellent leur soutien à Assouindé

    Presse en ligne : l’État et le secteur privé scellent leur soutien à Assouindé

    Hermann Adepo : le leadership à l’épreuve du sable d’Assouindé

    Hermann Adepo : le leadership à l’épreuve du sable d’Assouindé

    Emerse Faé, Merci, Champion !

    Emerse Faé, Merci, Champion !

    Trending Tags

    • Champions League
    • Explore Bali
    • Harbolnas
    • United Stated
    • Market Stories
    • Litecoin
  • AMOUGNAN
  • CULTURE
  • TOURISME
  • REGIONS
    • Tout
    • Economie
    • Education
    • Travel
    Lutte contre l’orpaillage clandestin : La FECOMCI appelle à marcher sur « deux jambes »

    : Structuration des coopératives minières : La FECOMCI dresse son premier bilan d’étape à Assouindé

    Écologie et mines : La FECOMCI promeut le concept de « Coopérative Minière Citoyenne »

    Écologie et mines : La FECOMCI promeut le concept de « Coopérative Minière Citoyenne »

    À Assouindé, l’UPLCI prépare l’avenir économique de la presse en ligne

    Côte d’Ivoire : Ne confondez plus artisan minier et orpailleur illégal !

    Lutte contre l’orpaillage clandestin : La FECOMCI appelle à marcher sur « deux jambes »

    Lutte contre l’orpaillage clandestin : La FECOMCI appelle à marcher sur « deux jambes »

    Après la fermeture des sites d’orpaillage illégal : Le défi de l’alternative économique pour les jeunes

    Après la fermeture des sites d’orpaillage illégal : Le défi de l’alternative économique pour les jeunes

    Côte d’Ivoire : À Assouindé, la FECOMCI plaide pour une transformation durable du secteur minier artisanal

    Côte d’Ivoire : À Assouindé, la FECOMCI plaide pour une transformation durable du secteur minier artisanal

    Trending Tags

    • Bitcoin
    • Champions League
    • Explore Bali
    • Golden Globes 2018
    • Grammy Awards
    • Harbolnas
  • FAIRE UN DON
Pas de résultat
Afficher tous les résultats
Mon site Web
  • ACCUEIL
  • POLITIQUE
    Municipales et régionales 2023: Côte d’Ivoire, fais-moi rêver !

    Post-CEI en Côte d’Ivoire : La stratégie de l’opposition unie pour dépolitiser le scrutin

    4e mandat d’Alassane Ouattara : un mandat comme « Je m’en fous, il n’y a rien en face »

    4e mandat d’Alassane Ouattara : un mandat comme « Je m’en fous, il n’y a rien en face »

    𝗢𝗣E𝗥𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗖𝗔𝗣 𝟮𝟬𝟮𝟱 : Le PPA-CI a-t-il les moyens financiers de ses ambitions ?

    Côte d’Ivoire : Pression judiciaire et épée de Damoclès sur Sébastien Dano Djédjé (PPA-CI)

    Côte d’Ivoire : Le Pacte Social de Laurent Gbagbo entre dans sa phase de déploiement

    Côte d’Ivoire : Le Pacte Social de Laurent Gbagbo entre dans sa phase de déploiement

    Révélations sur le braquage de la BCEAO : Justin Katinan Koné dévoile des répercussions politiques troublantes

    PPA-CI : le Pacte social de Laurent Gbagbo, un projet politique à l’épreuve du terrain

    PPA-CI : Hubert Oulaye remobilise la base à Port-Bouët autour du Pacte social

    PPA-CI : Hubert Oulaye remobilise la base à Port-Bouët autour du Pacte social

    Trending Tags

    • Market Stories
    • Bitcoin
    • Litecoin
    • Harbolnas
    • United Stated
  • INTERNATIONAL
    Manifester malgré l’interdiction : ce qui sépare le maintien de l’ordre français des dérives autocratiques

    Manifester malgré l’interdiction : ce qui sépare le maintien de l’ordre français des dérives autocratiques

    France : La jeunesse dans la rue, l’exécutif sous pression après la journée de mobilisation du 24 octobre

    France : La jeunesse dans la rue, l’exécutif sous pression après la journée de mobilisation du 24 octobre

    De la condamnation du racisme à l’armement de la pensée : Analyse pluridisciplinaire du discours de Mathilde Panot

    De la condamnation du racisme à l’armement de la pensée : Analyse pluridisciplinaire du discours de Mathilde Panot

    Guerre USA-Israël contre Iran : Un accord surprise arraché au bord du gouffre

    Guerre USA-Israël contre Iran : Un accord surprise arraché au bord du gouffre

    Démocratie en Afrique : Le constat d’échec de Sébastien Dano Djédjé

    Démocratie en Afrique : Le constat d’échec de Sébastien Dano Djédjé

    Violation du droit international : entre certitudes juridiques et zones d’ombre

    Violation du droit international : entre certitudes juridiques et zones d’ombre

    Trending Tags

    • Golden Globes 2018
    • Grammy Awards
    • Explore Bali
    • Champions League
    • Harbolnas
  • DOSSIERS
  • SPORTS
    Sueur, sable et sourires : le séminaire des patrons de presse s’achève dans le surf d’Assouindé

    Sueur, sable et sourires : le séminaire des patrons de presse s’achève dans le surf d’Assouindé

    Structuration de la presse en ligne : l’UPLCI allie renforcement des capacités et esprit d’équipe

    Structuration de la presse en ligne : l’UPLCI allie renforcement des capacités et esprit d’équipe

    Quand les patrons de presse tombent la veste pour renforcer leurs liens

    Quand les patrons de presse tombent la veste pour renforcer leurs liens

    Presse en ligne : l’État et le secteur privé scellent leur soutien à Assouindé

    Presse en ligne : l’État et le secteur privé scellent leur soutien à Assouindé

    Hermann Adepo : le leadership à l’épreuve du sable d’Assouindé

    Hermann Adepo : le leadership à l’épreuve du sable d’Assouindé

    Emerse Faé, Merci, Champion !

    Emerse Faé, Merci, Champion !

    Trending Tags

    • Champions League
    • Explore Bali
    • Harbolnas
    • United Stated
    • Market Stories
    • Litecoin
  • AMOUGNAN
  • CULTURE
  • TOURISME
  • REGIONS
    • Tout
    • Economie
    • Education
    • Travel
    Lutte contre l’orpaillage clandestin : La FECOMCI appelle à marcher sur « deux jambes »

    : Structuration des coopératives minières : La FECOMCI dresse son premier bilan d’étape à Assouindé

    Écologie et mines : La FECOMCI promeut le concept de « Coopérative Minière Citoyenne »

    Écologie et mines : La FECOMCI promeut le concept de « Coopérative Minière Citoyenne »

    À Assouindé, l’UPLCI prépare l’avenir économique de la presse en ligne

    Côte d’Ivoire : Ne confondez plus artisan minier et orpailleur illégal !

    Lutte contre l’orpaillage clandestin : La FECOMCI appelle à marcher sur « deux jambes »

    Lutte contre l’orpaillage clandestin : La FECOMCI appelle à marcher sur « deux jambes »

    Après la fermeture des sites d’orpaillage illégal : Le défi de l’alternative économique pour les jeunes

    Après la fermeture des sites d’orpaillage illégal : Le défi de l’alternative économique pour les jeunes

    Côte d’Ivoire : À Assouindé, la FECOMCI plaide pour une transformation durable du secteur minier artisanal

    Côte d’Ivoire : À Assouindé, la FECOMCI plaide pour une transformation durable du secteur minier artisanal

    Trending Tags

    • Bitcoin
    • Champions League
    • Explore Bali
    • Golden Globes 2018
    • Grammy Awards
    • Harbolnas
  • FAIRE UN DON
Pas de résultat
Afficher tous les résultats
Mon site Web
Pas de résultat
Afficher tous les résultats
Accueil Amougnan

Koné Katinan explore la frontière entre droit et politique à travers la marche de l’opposition, symbole d’un conflit entre légalité et légitimité

admin par admin
8 octobre 2025
en Amougnan
429 8
0
Analyse : L’école ivoirienne, un ascenseur en panne de ruralité

Katinan Koné décrypte l’actualité

606
PARTAGES
3.4k
VUES
Share on FacebookShare on Twitter
Listen to this article

Contestation et protestation : de la confusion sémantique à la querelle juridique autour de la marche de l’opposition. Le ministre Katinan Koné fait une démonstration magistrale.

Introduction

You might also like

Le temps, ce phénomène sans état d’âme

Transformation du secteur minier artisanal : La feuille de route 2026-2030 de la FECOMCI

Fête de la Renaissance 2026 : forte mobilisation à Abobo, Cocody et Plateau

«Partibus factis Leosic locutus est : Priman partem tollo, Qoniam nominor Leo » (les parts ayant été faites, le lion parla ainsi « je prends la première part parce que je m’appelle le lion »). Cette citation du Doyen René Dégny-Ségui empruntée à La Fontaine illustre bien la position dominante de l’Administration (Etat) quand elle interagit avec les citoyens. Mais elle pourrait ne pas suffire pour camper la situation actuelle en Côte d’Ivoire marquée par une compétition électorale dont les conditions sont applaudies par le pouvoir et décriées par l’opposition.

Depuis la décision du Conseil Constitutionnel du 9 septembre 2025 relative aux candidatures à la prochaine élection présidentielle, les autorités politiques, administratives et judiciaires font une interprétation très stricte de la notion de l’autorité absolue de la chose jugée dont sont revêtues les décisions des « sages » (nom de respect donné aux membres du Conseil constitutionnel) en vertu des dispositions pertinentes de la Constitution. Il faut rappeler en effet que celle-ci dispose en son article 138 que « Les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent aux pouvoirs publics, à l’autorité administrative, juridictionnelle, militaire et à toute personne physique ou morale ». Cette présomption irréfragable d’infaillibilité du Conseil Constitutionnel est la clé de voûte de tout le système judiciaire et de la stabilité institutionnelle de l’Etat. Fort de cette citadelle juridiquement imprenable, le gouvernement ivoirien essaie de contenir l’opposition ivoirienne qui n’approuve pas la décision du Conseil constitutionnel qui les exclut de la compétition électorale et qui veut faire entendre, par une marche, son mécontentement. L’illustration en est donnée par le communiqué du Conseil national de sécurité (CNS) qui a sanctionné sa session du 2 octobre dernier. Dans ce communiqué comminatoire, le CNS rappelle que « les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours » et que « toute contestation » de celles-ci « de quelque nature que ce soit est illégale et expose ses auteurs aux sanctions prévues par la loi ». L’on se rappelle que l’opposition ivoirienne, dont les candidatures à l’élection présidentielles ont été rejetées, a projeté d’organiser une marche le 4 octobre puis reportée au 11 octobre 2025. Cette situation de confrontation, au-delà du regard politique, soulève un problème de droit qui se lit dans une querelle sémantique autour de deux notions d’apparences familières mais qui présentent des nuances certaines. Il s’agit de la notion de contestation et de celle de protestation. En effet, la marche de l’opposition, privée, aux termes de la Constitution, de toute voie de recours contre la décision du Conseil constitutionnel, ne peut s’analyser autrement qu’en termes de protestation alors que le gouvernement y voit une contestation de la décision du Conseil constitutionnel. Il y a manifestement un malentendu entre le gouvernement et l’opposition sur le sens de la marche que celle-ci projette de faire. Derrière cette querelle sémantique, la problématique majeure qui se cache est de savoir si l’opposition peut revendiquer un droit de protestation contre la décision du Conseil constitutionnel du 9 septembre dernier sans se heurter aux dispositions de l’article 138 de la Constitution. Il se dégage du conflit sémantique (I) un conflit juridique important (II).

I. Conflit sémantique entre contestation et protestation

Les terminologies « contestation » et « protestation », tout en présentant des similitudes (A), se séparent sur bien de nuances (B).

A. Similitudes entre contestation et protestation.

Les définitions des deux notions nous permettent d’en ressortir les liens communs. Ainsi, selon le dictionnaire Larousse, contester dont l’action est la contestation consiste à : « 1° mettre quelque chose en cause, discuter quelque chose à quelqu’un ». En l’occurrence, contester est synonyme de « dénier » et de « récuser ». « 2° remettre quelque chose en cause, refuser de reconnaître la validité de quelque chose, d’une assertion ». Ici, contester est synonyme de « controverser » ou de « disputer ». « 3° mettre en doute la qualification de quelqu’un, son mérite, sa valeur ». Contester dans ce cas équivaut à « critiquer ». Il convient de relever qu’en plus de cette définition générique, le droit fournit sa propre compréhension du mot « contestation ». Ainsi, selon le Lexique des termes juridiques, le terme « contester » est toujours accompagné d’un complément d’objet direct (COD). Il peut s’agir d’un droit, d’une décision de justice ou tout simplement d’un acte administratif. Dans ces occurrences, contester un droit, une décision de justice ou une décision administrative consiste en une « action en justice ». Quant à la notion de protester dont le nom est la protestation, le même dictionnaire la définit comme suit : « 1° S’élever avec force contre quelque chose ». Les synonymes sont « désapprouver pester, se récrier, s’indigner etc.). 2° Exprimer sa violente opposition par des paroles ou des écrits ». Dans ce dernier cas, protester peut-être remplacé par « râler, se rebeller etc. ». Cette notion n’offre pas de particularités juridiques. Bien que constituant a priori un détail, cette précision sera déterminante pour saisir l’essence de l’économie de notre approche. En les juxtaposant, l’on relève une identité remarquable qui se dégage de l’idée que ces deux notions renvoient à un refus né du mécontentement. Contester et protester sont l’expression du mécontentement, du refus d’une situation ou de la désapprobation d’une décision ou d’une action. Cependant, alors qu’elles sont nourries par la même cause, bien de nuances les séparent.

 

B. Deux notions différentes par des nuances significatives

D’un point de vue juridique, la contestation et la protestation sont des actions qui se différencient tant par les modalités de leur mise en œuvre que par leur finalité. La contestation d’un droit ou d’une décision administrative ou judiciaire est une action judiciaire formelle dont l’objectif est de faire annuler, ou de modifier cette décision en faveur de la personne qui la met en œuvre. Sauf bénéficiant de caractéristiques particulières, tous les actes réglementaires sont susceptibles de contestation. Les actes réglementaires qui échappent exceptionnellement à la censure du juge administratif sont les actes dits de gouvernement. De même, par principe, toutes les décisions judiciaires sont susceptibles de contestation quand elles ne sont pas devenues définitives à la suite de l’épuisement des voies de recours. Cependant, exceptionnellement, certaines décisions judiciaires sont, par leur nature, insusceptibles de contestation, car bénéficiant d’une immunité absolue de recours. Ainsi, la juridiction compétente statue en premier et dernier ressort de sorte que sa décision, bien qu’étant la première sur la question dont elle est saisie, en devient en même temps la dernière. Parce qu’elle déroge au principe du « droit à un procès équitable » reconnu universellement à toute personne, elle est strictement encadrée par la loi. La plus célèbre de cette immunité de recours est celle dont bénéficient les décisions du Conseil constitutionnel aux termes de l’article 138 de la Constitution. En définitive, la contestation est une manifestation de mécontentement qui s’exerce uniquement par la voie judiciaire en vue d’annuler ou de modifier un acte ou une décision judiciaire. A l’opposé, la protestation est une manifestation non judiciaire contre une décision. Elle est dépourvue de conséquences légales équivalant à celles qui découlent de la contestation. Elle peut prendre diverses formes, allant de la simple expression orale du mécontentement à l’envoie d’un écrit à l’auteur de la décision contre laquelle l’on proteste. Elle peut être collective ou individuelle et les auteurs n’ont pas besoin de prouver un intérêt particulier à agir. Puisqu’elle n’est pas une voie judiciaire, sa finalité est d’alerter l’auteur de l’acte du mécontentement que son acte provoque chez la personne qui proteste contre lui. Elle a une portée d’ordre moral ou de prise de conscience de l’existence d’un malaise. Par ailleurs, alors que le succès de la procédure de contestation dépend de la décision d’une tierce personne différente de l’auteur de l’acte (une autorité judiciaire), la protestation ne peut prospérer que par la seule volonté de l’auteur de l’acte qui, rendu sensible à la protestation ou contraint par la puissante de celle-ci, retire la décision ou l’acte pris. Dans le fonctionnement de l’Etat, la protestation est une forme de confrontation entre la légalité et la politique qui se joue sur la balance de la légitimité. Son succès repose exclusivement sur l’inversion des rapports de force entre les protagonistes. Ramené à la situation qui prévaut actuellement en Côte d’Ivoire à la suite de la décision du Conseil constitutionnel du 9 septembre 2025 établissant la liste définitive des candidats à l’élection présidentielle, la querelle sémantique entre protestation et contestation renvoie ici au duel entre légalité et action politique dans un contexte particulier de compétition électorale. Ce duel ne peut être tranché, d’un point de vue juridique, qu’à la lumière de la Constitution ivoirienne, des lois subséquentes et de la jurisprudence.

 

II. Conflit juridique née d’une querelle sémantique

A la suite de la publication de la liste des candidats retenus par le Conseil constitutionnel, l’on a relevé que de nombreux candidats, y compris tous ceux issus de l’opposition parlementaire de la législature finissante, n’ont pas pu traverser le tamis du Conseil Constitutionnel. Jugeant le tamis du Conseil constitutionnel excessivement fin à son endroit, l’opposition a appelé à une « marche pacifique » le samedi 4 octobre 2025. Le jeudi 2 octobre 2025, le Conseil national de sécurité a pondu un communiqué qui interdit « les marches dans les rues jusqu’à nouvel ordre ». Dans la foulée, comme si l’un conditionnait l’autre, le préfet d’Abidjan a, par arrêté n° 089/PA/CAB du 2 octobre 2025, interdit ladite marche au motif qu’elle serait porteuse de « risques élevés de troubles à l’ordre public en cette période électorale ». S’il est constant que l’arrêté du préfet ne vise pas expressément le communiqué du CNS, il n’en demeure pas moins qu’il en tire toutes les conséquences puisqu’il vise aussi la décision du Conseil constitutionnel du 8 septembre 2025 telle qu’elle lui a été communiquée par télégramme officiel par le ministre de l’Intérieur. Par conséquent, il importe d’analyser en tout premier lieu le communiqué du CNS en ce qu’il est la source première de laquelle découle l’arrêté du préfet. Le motif de cette interdiction que l’on retient du communiqué du CNS tient de ce que les décisions du Conseil constitutionnel étant insusceptibles de recours, « toute contestation » de celles-ci « de quelque nature que ce soit est illégale et expose ses auteurs aux sanctions prévues par la loi ». Sur la base de cette décision, le préfet d’Abidjan a pris un arrêté, le même jour, pour interdire la marche projetée par l’opposition. Ce communiqué du CNS soulève la question de la compétence du CNS en matière de restriction des libertés publiques (A) et fragilise autant la légalité de l’arrêté du préfet d’Abidjan (B).

.

A. De la compétence du CNS à limiter les libertés publiques

Le CNS a été créé par décret n° 2012-786 du 8 août 2012 portant création, attributions, organisation et fonctionnement du CNS. Ce décret a abrogé le n°96 PR. 06 du 25 juillet 1996 portant création et attributions du Conseil national de sécurité. Quelques légères modifications sont intervenues en 2013 et en 2014 portant toutes les deux sur l’article 5 du décret de 2012 précité. Il apparaît à la lecture de ces textes que le CNS est un organe de contrôle civil du secteur de la sécurité placé sous l’autorité du Président de la République. Il est chargé d’améliorer la coordination et la mise en œuvre des décisions présidentielles en matière de sécurité nationale. Il n’a pas de pouvoir normatif propre, ni règlementaire, ni encore moins législatif. Les communiqués qui sanctionnent ses sessions ne peuvent avoir les caractéristiques d’acte réglementaire créateur de droits ou d’obligations. Ils n’en ont pas la force exécutoire. En effet, selon le doyen Maurice Hauriou, « une décision exécutoire est une déclaration de volonté émise par une autorité administrative, en vue de produire un effet de droit vis-à-vis des administrés ». Or, en décidant d’interdire les marches sur les voies publiques par voie de communiqué, le CNS pourrait se voir reproché d’avoir outrepassé ses compétences. En effet, rien, dans son texte fondateur et les différentes modifications de celui-ci ne donne compétence normative au CNS. Tel qu’il se présente, c’est un organe de conseil en matière de sécurité à la disposition du Président de la République. Le Conseil d’Etat définit l’incompétence comme « l’inaptitude légale d’une autorité à prendre une décision, à faire un acte non compris dans ses attributions ». Sur le fond, deux observations émergent de la lecture du communiqué du CNS. Le communiqué du CNS interdit les marches sur les voies publiques « jusqu’à nouvel ordre ». Il va plus loin en les pénalisant au motif qu’elles constitueraient une contestation de la décision du Conseil constitutionnel. Nous avons suffisamment relevé supra que la marche de l’opposition n’étant pas un recours juridictionnel, elle ne saurait être regardée comme une contestation de la décision du Conseil constitutionnel. Jusqu’à preuve de contraire, l’opposition n’a jamais dit qu’elle contesterait la décision du Conseil constitutionnel. Elle n’en a pas les moyens légaux du fait du manque de recours contre ladite décision. De même, le fait que ladite décision s’impose à elle ne signifie pas qu’elle n’a le droit de s’en plaindre. Le Conseil constitutionnel n’est pas « le père fouettard » qui menace les enfants avec son fouet tout en leur interdisant, en même temps, le droit de pleurer. L’opposition proclame que sa marche sera pacifique comme le fut celle du 9 août 2025. Elle veut exprimer un mécontentement, dans une forme prévue par la Constitution. En effet, celle-ci dispose en son article 20 que « les libertés d’association, de réunion et de manifestation pacifiques sont garanties par la loi ». La marche pacifique n’a pas vocation à contester une décision de justice mais à protester contre celle-ci. Elle ne peut dès lors être considérée comme violant l’article 138 de la Constitution. Il convient de rappeler que toutes les décisions judiciaires, une fois devenues définitives, échappent à toute voie de contestation et s’imposent, de facto et de jure, à toutes les personnes, physique ou morale, publique ou privée. L’on pourrait à la limite dire que le dernier alinéa de l’article 138 de la Constitution est superfétatoire puisque toutes les décisions de justice devenues définitives produisent les mêmes effets erga omnes et bénéficient de la même force absolue. En revanche, l’interdiction absolue de marche imposée par le CNS pourrait être vue comme violant l’article 20 de la Constitution. Elle fragilise ainsi l’arrêté du préfet d’Abidjan qui semble s’en inspirer.

B. La fragilité de l’arrêté du préfet

Il convient de rappeler que la jurisprudence du Conseil d’Etat relative à la liberté de manifestation pacifique, forgée en Côte d’Ivoire à partir de l’arrêt « Houphouët-Boigny », est constante. Elle pose le principe de la proportionnalité qui limite l’arbitraire de l’administration. La liberté de réunion et de manifestation fait partie des libertés publiques sur lesquelles le juge administratif exerce une veille stricte et constante. La restriction d’une liberté publique doit être proportionnée à l’intérêt recherché par l’administration. Le motif selon lequel une manifestation sur la voie publique contreviendrait à une disposition constitutionnelle relative à l’immunité de contestation dont bénéficient les décisions du Conseil constitutionnel ne fait pas partie, jusqu’à preuve du contraire, des motifs que le Conseil d’Etat retient pour autoriser la restriction des libertés publiques. De même, l’arrêté du préfet, qui évoque les risques de troubles à l’ordre public pour interdire la marche projetée par l’opposition, pourrait difficilement tenir devant la rigueur juridique si le préfet n’établit pas qu’il pourrait avoir un déficit des forces de l’ordre pour assurer la police de la marche. Autrement, son interdiction manquerait de motifs sérieux (arrêt Houphouët-Boigny précité). Dans l’arrêté que le même préfet avait pris pour annuler la marche du deux août dernier, il avait été très précis sur les motifs de sa décision d’annulation de ladite marche. Il avait évoqué l’insuffisance des forces de l’ordre à sa disposition du fait du redéploiement d’une partie desdites forces à Bouaké à l’occasion de la fête l’indépendance. Une telle précision correspond aux exigences du juge administratif sur les motifs jugés pertinents pour limiter une manifestation relevant de l’expression des libertés publiques. L’évocation de la période électorale pour refuser une marche n’est pas un motif sérieux au sens de la jurisprudence constante en la matière, à moins que le préfet n’établisse que la période électorale est intrinsèquement porteuse de troubles. Or, la pratique observée à Korhogo et à Dabou, qui ont enregistré des marches sur les voies publiques le week-end dernier, contredit une telle hypothèse. L’allusion à la période électorale rend plausible un lien entre l’opinion du préfet et celle du CNS eu égard à la chronologie du communiqué de celui-ci et la publication de l’arrêté du préfet. Or, un tel lien saboterait la base juridique même de cet arrêté.

Conclusion

Les rapports entre l’Etat et les citoyens sont toujours dominés par la raison du plus fort. Et le plus fort reste l’Etat. Pour établir un équilibre, même partiel entre l’Etat et les citoyens, le juge administratif reste très vigilant sur la protection des libertés publiques. Il n’en admet la restriction que dans des conditions très strictes. Au regard de ces conditions, l’on pourrait trouver excessive l’interdiction de la marche projetée par l’opposition pour protester contre la décision du Conseil constitutionnel afin de sensibiliser l’opinion nationale et internationale sur la nécessité d’organiser des élections qui préservent ou renforcent la paix sociale. Or ces conditions ne sont remplies, ni par le communiqué du CNS, qui n’est pas compétent pour interdire une marche, ni par l’arrêté du préfet, qui n’avance pas de motifs sérieux tels que compris par le juge administratif. Si l’Etat maintient sa logique d’interdiction de la marche, alors la restitution partielle de la fable de Lafontaine de laquelle le doyen Dégny-Ségui titre sa citation n’est plus suffisante pour illustrer la situation actuelle. Ce sont tous les propos du lion dans ce rapport de force qu’il faut restituer. « Je prends la première, parce que je m’appelle lion ; la seconde vous me la céderez, parce que je suis le plus vaillant ; la troisième m’appartient, parce que je suis le plus fort ; quant à la quatrième, malheur à qui la touche ».

Justin Katinan Koné

Docteur en droit public

admin

admin

En rapportPosts

Le temps, ce phénomène sans état d’âme
Amougnan

Le temps, ce phénomène sans état d’âme

par admin
1 octobre 2026
Transformation du secteur minier artisanal : La feuille de route 2026-2030 de la FECOMCI
Amougnan

Transformation du secteur minier artisanal : La feuille de route 2026-2030 de la FECOMCI

par admin
27 septembre 2026
Fête de la Renaissance 2026 : forte mobilisation à Abobo, Cocody et Plateau
Amougnan

Fête de la Renaissance 2026 : forte mobilisation à Abobo, Cocody et Plateau

par admin
24 mars 2026
Gestion publique critiquée : SYNAFECI interpelle le ministère des Finances sur 39 milliards FCFA de paiements bloqués
Amougnan

Concertation SYNAFECI–Gouvernement : une rencontre sous haute tension autour des créances des fournisseurs de l’État au Trésor public

par admin
6 février 2026
Kadet Obou Victoria : une thèse innovante pour améliorer la qualité du cacao ivoirien
Amougnan

Kadet Obou Victoria : une thèse innovante pour améliorer la qualité du cacao ivoirien

par admin
20 octobre 2025

Recommended

Dimanche de Dieu/La vie chrétienne et l’excès de table : une combinaison difficile

Dimanche de Dieu/La vie chrétienne et l’excès de table : une combinaison difficile

10 mars 2024
Livre/ »Le Deuxième Sexe » par Simone de Beauvoir – Un essai visionnaire sur la condition féminine

Livre/ »Le Deuxième Sexe » par Simone de Beauvoir – Un essai visionnaire sur la condition féminine

30 octobre 2023

Catégories

  • Amougnan
  • Culture
  • Dimanche de Dieu
  • Dossiers
  • Economie
  • Education
  • Environnement
  • International
  • Politique
  • Regions
  • Santé
  • Société
  • Sports
  • Tourisme
  • Travel

Don't miss it

Manifester malgré l’interdiction : ce qui sépare le maintien de l’ordre français des dérives autocratiques
International

Manifester malgré l’interdiction : ce qui sépare le maintien de l’ordre français des dérives autocratiques

25 octobre 2026
France : La jeunesse dans la rue, l’exécutif sous pression après la journée de mobilisation du 24 octobre
International

France : La jeunesse dans la rue, l’exécutif sous pression après la journée de mobilisation du 24 octobre

25 octobre 2026
De la condamnation du racisme à l’armement de la pensée : Analyse pluridisciplinaire du discours de Mathilde Panot
International

De la condamnation du racisme à l’armement de la pensée : Analyse pluridisciplinaire du discours de Mathilde Panot

24 octobre 2026
Municipales et régionales 2023: Côte d’Ivoire, fais-moi rêver !
Politique

Post-CEI en Côte d’Ivoire : La stratégie de l’opposition unie pour dépolitiser le scrutin

23 octobre 2026
« Est-ce que c’est ma faute si je suis née laide ? »
Société

« Est-ce que c’est ma faute si je suis née laide ? »

22 octobre 2026
4e mandat d’Alassane Ouattara : un mandat comme « Je m’en fous, il n’y a rien en face »
Politique

4e mandat d’Alassane Ouattara : un mandat comme « Je m’en fous, il n’y a rien en face »

15 octobre 2026
Mon site Web

L’Horizoninfo.net est un site de presse numérique orienté dans l’édition d’informations générales. Le site couvre l’actualité en Côte d’Ivoire, en Afrique et dans le monde. L’Horizoninfo.net est reconnu par le Procureur de la République de Côte d’Ivoire et dispose donc de tous les autorisations et papiers admistratifs pour mener à bien sa mission d’information.

Catégories

  • Amougnan
  • Culture
  • Dimanche de Dieu
  • Dossiers
  • Economie
  • Education
  • Environnement
  • International
  • Politique
  • Regions
  • Santé
  • Société
  • Sports
  • Tourisme
  • Travel

Browse by Tag

Bitcoin Champions League Explore Bali Golden Globes 2018 Grammy Awards Harbolnas Litecoin Market Stories United Stated

© 2023 Lhorizoninfo.com - by Tllcorporation.

Pas de résultat
Afficher tous les résultats
  • ACCUEIL
  • FAIRE UN DON
  • DOSSIERS
  • POLITIQUE
  • SOCIETE

© 2023 Lhorizoninfo.com - by Tllcorporation.

Content de vous revoir!

Connectez-vous à votre compte ci-dessous

Mot de passe oublié?

Récupérez votre mot de passe

Veuillez saisir votre nom d'utilisateur ou votre adresse e-mail pour réinitialiser votre mot de passe.

Connexion

Ajouter une nouvelle liste de lecture

Voulez-vous vraiment déverrouiller ce message ?
Déverrouiller à gauche : 0
Voulez-vous vraiment annuler l'abonnement ?